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LE COMMERCE DES BOURRIERS DE BORDEAUX VERS LA VALLEE DE L’ISLE
Les temps ont bien changé, mais il faut imaginer que pendant des siècles, la ville de Bordeaux produisait chaque jour des tonnes de « déchets », qui étaient jetés à même les rues. Ils étaient ramassés par une équipe du service de nettoiement de la ville équipé d’un tombereau.
Les déchets étaient nommés : boues, gadoues, bourriers.
Ils étaient chargés sur des bateaux et amenés, entre autres, mais principalement, jusqu’au port de Saint-Denis-de-Pile. Mélangés à de la terre arable, cela produisait des terreaux de grande qualité très utiles à l’amendement des terres souvent à faible valeur agronomique dans les coteaux de la vallée de l’Isle et la Double.
Ainsi ces terreaux ou bourriers repartaient de Saint-Denis de Pile pour être vendus sur les petits ports secondaire comme celui de Biroche à Camps, du Bardillot et de Durandeau à Coutras, de Brisson à Porchères ou du Maine Bancaud à Moulin-Neuf.
Les agriculteurs achetaient « un pile de bourrier » qu’ils venaient chercher au port le plus près de leur exploitation. Cet amendement était étendu dans les terres après les moissons ou après les récoltes. Il servait aussi de fumure pour les vignes.
Rares témoignages :
- en septembre 1844 M. LACROIX à Durandeau à Coutras se fait livrer pour une pile de bourrier à 125 fr et 3 fr de plaçage soit 128 fr, payé à M. CHAIGNEAU
- le 7 octobre 1847, M. MOREAU, propriétaire à Saint-Seurin-sur-l’Isle paye à M. CHAIGNEAU 115 fr pour une pile de bourrier prise à Saint-Denis, plus s’y ajoute 25 fr pour le batelier pour la porter jusqu’aux Barde de Porchères et s’ajoute aussi 4 fr pour le prix de l’emplacement au port de Saint-Denis, soit un total de 144 fr. C’est une somme importante !
Un temps révolu ! Même si certaines boues de nos stations d‘épuration actuelles sont épandues dans les terres agricoles…
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LA CAPSULERIE BETTS ET BLANCHARD A SAINT-SEURIN-SUR-L’ISLE

En 1893, profitant de la force hydraulique disponible au moulin de Saint-Seurin, André BLANCHARD transforme l’ancienne aciérie JACKSON, fermée depuis 1869 en usine de fabrication de capsule métallique.
Ces capsules servent au « surbouchage » des bouteilles de vin et c’est au début du XXème siècle que cet usage se généralise. Le Bordelais, secteur viticole est alors une très bonne zone géographique pour cette industrie. Avec la même technologie, il fabrique aussi des tubes en métal, du type tube de dentifrice et autre contenant en étain.
Après le décès de M. BLANCHARD père en 1915, ses deux fils, tous deux ingénieurs lui succèdent et développent l’entreprise.
En 1921, ils fusionnent avec la société Betts et Cie basée à Floirac ce qui porte le capital à 4 millions de francs formant la société anonyme Betts et Blanchard.
Plusieurs innovations techniques sont mises au point notamment les tubes aluminium pour emballage, les bouchons de liège avec bague de bois dur, les bouchons à vis en matière plastique, tous types de contenants en étain.
L’ensemble compte plus de 400 employés et le chiffre d’affaires se porte pendant l’entre deux guerres à 100 millions de francs par mois !
En 1945, l’usine transforme annuellement 700 tonnes de métal ! En 1950, il y a 23 chaînes de production sur le site de Saint-Seurin qui produisent jusqu’à 90 millions de capsules par an.
Devenu CEBAL, filiale du groupe Péchiney, le plafond de 100 millions de capsules par an est franchi en 1973.
L’activité de production de capsule existe toujours dur le site historique, sous le nom de Amcor Flexible Capsules France.
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