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LE TEMPS DES MOISSONS : DES SEMAILLES AU « BLE FIN »
Après les foins, venait en juillet et août le temps des moissons.
Le cycle du blé prend presque une année complète. A partir d’octobre, il fallait s’occuper d’amender les terres en y apportant fumure, terreaux et engrais. Les semailles se déroulaient généralement fin octobre ou début novembre. L’usage était de semer les blés issus de la récolte de l’été précédent.
Avant la mécanisation, les blés étaient sarclés à la main, généralement par les femmes, un travail fastidieux et harassant.
De la météo dépendait énormément la récolte. Trop d’eau et les blés étaient noyés, voire pourris en terre, trop de soleil et les grains seraient minuscules. Il fallait aussi se prémunir des fléaux de la nature, maladies ou canicules, mais aussi des animaux qui pouvaient prélever leur part !
Quand approchait juillet, une fois les foins rentrés, il fallait préparer les moissons. Alors, il fallait s’organiser. Préparer les outils, caler les dates précises pour que les amis et voisins viennent prêter main forte à charge de revanche les jours précédents ou suivants.
Les hommes sont affectés au pénible travail de coupe avec une faux comportant une armature spéciale permettant de rassembler la gerbe. Derrière les coupeurs, il fallait lier la gerbe solidement. Les gerbes étaient alors rassemblées en petits gerbiers pour terminer leur séchage. Bientôt la charrette tirée par des bœufs passera pour amener la récolte jusqu’à la « garde-pile », endroit où la récolte est à l’abri des rougeurs.
Quelques jours plus tard, il va s’agir de battre le grain. Le but est de faire tomber les grains de leurs épis et de les libérer le leur « balle ». Longtemps effectué au fléau à la force des hommes et des femmes, la mécanisation avec la batteuse a apporté, un confort de travail très appréciable.
Il restera encore une dernière étape, qu’on appelait « faire blé fin ». Elle consistait à retirer de la récolte les petits cailloux, les balles du blé restantes et les autres graines, souvent avec un tarare ou à la main.
Le repas de fin de moisson clôturait cette séquence fatigante appelé « Gerbe-baude », repas riche en viande et en boissons, récompense de plusieurs semaines d’efforts.
Enfin pouvait se faire le partage de la récolte. On prélevait les semences pour l’année suivante et le métayer partageait la récolte par moitié avec son maître.
Et le cycle recommençait. Les blés prenaient le chemin du moulin…
Même si la mécanisation avec les moissonneuses, moissonneuses-lieuses, puis moissonneuses-batteuses a profondément changé les images, ce cycle éternel de la graine à la graine qui se perpétue toujours.
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LES FOINS D’ANTAN
Autrefois, la vie était rythmée par les saisons et les travaux dans les champs.
Juin était le temps de fenaisons consistant en coupe, séchage et récolte des foins, fourrage indispensable pour les animaux. Quelques jours avant la coupe, l’agriculteur préparait les outils qu’il fallait affuter, il réparait les manches…
Avant la mécanisation, c’était un travail harassant, effectué en équipe, souvent entre voisins qui se rendaient la pareille. C’est à grand coups de faux (le dailh) que l’herbe était coupée par les hommes, toute la journée. Ils chantaient souvent pour se donner du rythme, de l’entrain et du courage.
Derrière les coupeurs, suivaient les vieux, les femmes et les enfants qui s’occupaient à remuer l’herbe, l’éparpiller en vue de la faire sécher.
Suivant le temps, le lendemain ou le surlendemain venait le temps du râtelage et de la mise en tas appelé barge.
Puis ces meules de foin étaient finalement chargées sur des grandes charrettes tirées par 2 bœufs.
Mettre son foin au sec dans la grange, ou dans le grenier était décisif pour que les animaux aient suffisamment à manger pour l’hiver.
La mécanisation avec les faucheuses, même tirées par des bœufs, a radicalement changé cette récolte et grandement amoindri la peine des hommes et des femmes de nos campagnes.
Cette mécanisation a environ un siècle, pas plus. C’est donc assez récent à l’échelle de notre humanité.
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